Du dessin

Cette année, le département arts plastiques de l’université de Lille 3 a invité l’artiste Emilio López-Menchero à encadrer un workshop auquel ont participé les étudiants de seconde année du master « Création et étude des arts contemporains » ainsi que quelques élèves de l’école des beaux-arts de Tourcoing (ERSEP)[1].

Souhaitant unir les plasticiens sous une réflexion commune, Emilio López-Menchero a proposé un travail sur le dessin, une pratique récurrente dans le travail de l’artiste. Une pratique également fréquente dans le champ même des arts visuels contemporains : après des décennies de désaffection de toute pratique graphique, entendue comme la pénible survivance d’un enseignement seulement académique de l’art, certains artistes aujourd’hui se sont à nouveau emparés du dessin en usant de formats, de techniques et de supports pour le moins surprenants. D’exposition en exposition, on découvre aujourd’hui en effet des interprétations très variées du dessin : sinueux wall drawings ou tracés géométriques, images fixes ou animées, cartoons, flip books, projections diverses ou encore dessins utilisant les possibilités offertes par les nouvelles technologies. Il n’est jusqu’au cinéma qui lui aussi s’est récemment saisi du « dessin », et l’on a vu ces dernières années apparaître des variations intéressantes du classique film d’animation, comme celle, grave, d’Ari Folman sur la première guerre du Liban (Valse avec Bachir, 2008) ou celle, également suscitée par un difficile contexte politique, conçue à partir de l’œuvre graphique de Marjane Satrapi (Persepolis, 2007).

Dessiner : la directive proposée par Emilio López-Menchero a surpris les étudiants dont les pratiques variées ne s’alliaient pas spontanément avec les préoccupations du dessin. Mais se prenant au jeu, tous ont répondu à cette orientation en présentant des travaux d’une surprenante diversité. L’exposition s’intitule « L’Entre-deux », titre repris d’une série de dessins de l’artiste publiée à l’occasion de cette exposition et dont le principe réside dans les incessantes, fluides et amusantes transformations d’un dessin à l’autre[2]. Dans le contexte de notre workshop, le titre indique cette fois le lieu d’un glissement du dessin sous sa forme attendue vers des interprétations inusitées. Mais il propose aussi le temps d’une rencontre avec chaque œuvre et chaque artiste, et c’est ainsi autant de visions de l’art et du dessin que nous vous invitons à découvrir au fil de ces quelques pages.

Sarah Peinte, Master CEAC

Véronique Goudinoux, Université Lille 3

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[1] Depuis 1999, le département arts plastiques partage ses locaux à Tourcoing avec l’Ecole Régionale Supérieure d’Expression Plastique, ce qui permet de proposer aux étudiants des projets communs.

[2] Emilio López-Menchero, tussen tussen ou l’entre-deux, Université Lille 3, Collection A dessein, 2011 (avec la participation de l’Ecole Régionale Supérieure d’Expression Plastique).